Le début d’une nouvelle année s’accompagne souvent d’un flot de résolutions. Arrêter, changer, performer, réussir. Pour une personne qui vit avec une dépendance ou qui est en rétablissement, cette pression peut devenir lourde, décourageante, voire contre-productive. Et si janvier devenait plutôt un moment pour ralentir, ajuster et se respecter ?
Pourquoi les résolutions classiques peuvent nuire
Les résolutions sont souvent ambitieuses, rigides et centrées sur le résultat final. Lorsqu’un objectif est trop grand ou trop vague, l’échec semble inévitable. Cela peut entraîner culpabilité, perte de motivation et sentiment d’échec, des facteurs reconnus comme des déclencheurs de rechute.
Vivre avec une dépendance demande déjà beaucoup d’énergie. Ajouter une pression supplémentaire peut fragiliser plutôt qu’aider.
Remplacer les résolutions par des intentions réalistes
Plutôt que de viser un changement radical, il est souvent plus aidant de se fixer des intentions. Une intention n’est pas une obligation. C’est une direction.
Exemples :
- Prendre une journée à la fois
- Demander de l’aide lorsque le besoin se fait sentir
- Être plus attentif à ses limites
- Maintenir ce qui fonctionne déjà
Ces intentions favorisent l’autocompassion et la constance plutôt que la performance.
Miser sur les petits pas
Le rétablissement ne se mesure pas en grandes réussites spectaculaires, mais en gestes quotidiens.
Un rendez-vous respecté.
Une envie traversée sans consommer.
Une limite affirmée.
Chaque petits pas compte. C’est l’accumulation de ces gestes qui crée un réel changement durable.
Redéfinir ce que signifie » réussir son année «
Réussir son année ne veut pas dire ne jamais rechuter ou ne jamais avoir de difficulté.
Cela peut vouloir dire :
- Mieux se connaître
- Reconnaître plus rapidement les signaux d’alarme
- Se relever plus vite après un moment difficile
- Ne plus rester seul avec sa souffrance
Le progrès n’est pas linéaire. Et c’est normal.
S’entourer plutôt que porter seul
La nouvelle année peut être un bon moment pour renforcer son réseau de soutien. Intervenants, groupes, proches, organismes communautaires. Le rétablissement n’est pas un chemin à parcourir seul.
Demander de l’aide n’est pas un échec. C’est une stratégie.
En ce début d’année, il est possible de choisir une autre voie. Une année sans pression, sans résolutions irréalistes, mais avec plus de respect envers soi-même. Une année où l’on avance à son rythme, un jour à la fois.
Si tu ressens le besoin de soutien, d’écoute ou d’accompagnement, le Centre l’Étape est là pour toi et pour tes proches.
